Katherine Penfold

 

Biographie


La soul réside juste sous la surface. À la rencontre de Katherine Penfold, il se peut qu’on remarque en premier lieu les tatouages couvrant son épaule et ses bras, avant que la conversation ne tourne vers son affinité à vie pour les motos, le skate, ou la menuiserie. Sa musique engendre une tout autre réaction, alors que sa voix douce, sensuelle et lisse fait contrepoids à l’attitude de grande méchante paysanne qu’elle adopte avec grande facilité. Ce sublime contraste illumine le premier album de l’artiste, Sweetest Thing paru en 2019.

« Sweetest Thing est une juxtaposition, » affirme-t-elle. J’ai beaucoup de tatouages et j’aime les motos, mais ma musique traite toujours d’amour et de joie. Ces extrêmes qui se côtoient révèlent ce que je ressens pour moi et qui je suis. J’ai grandi dans un environnement cool et excentrique. Pour moi, tout se résume dans le cœur et dans l’âme, surtout la musique. »

Née en Nouvelle-Écosse et élevée « sur une ferme au milieu de nulle part au Manitoba, sans télévision », la l’auteure-interprète a toujours gravité vers la musique. Alors qu’elle est très jeune, des grands chanteurs tels Diana Ross, Aretha Franklin et James Brown résonnent très profondément avec elle. Voulant poursuivre sa passion, elle fait des études en piano classique et en jazz à l’université de Brandon, au Manitoba. Après avoir remporté le concours d’auteur-interprète GROOVEFM, elle passe les prochaines années à peaufiner ses talents, montant sur scène en compagnie d’artistes tels Hugh Laurie, Jeff Lorber, Brad Turner et Jodi Proznick, en plus de donner des spectacles à guichet fermé en tant que tête d’affiche.

Tout change en 2017 après qu’elle est invitée à chanter lors d’un mariage à Vancouver ; le planificateur de mariage réalise une vidéo de sa performance et la partage avec le label Nettwerk. Rapidement, via son partenariat avec le label de jazz montréalais Justin Time Records, Nettwerk contacte Katherine Penfold pour lui offrir un contrat.

« C’est toujours le moment totalement imprévu qui change ta vie, dit-elle en souriant. C’est fou comment tout ça est arrivé, quand j’y pense. »

Contrat en poche, Katherine Penfold se lance dans la composition et l’enregistrement de chansons qui deviendront Sweetest Thing. Entrant en studio avec son coréalisateur David Sikula, elle fait appel aux inspirations de sa jeunesse, ouvrant ainsi la porte à son propre style vif.

“Je me suis assise et j’ai écrit les chansons que je savais étaient là depuis toujours, explique-t-elle. « La soul, le funk et le R&B m’ont frappé aussi longtemps que je me souvienne. Chaque chanson a son histoire, et son ambiance très puissante. »

Cette ambiance, elle le canalise dès la première chanson tube, une relecture de « Feel Like Makin’ Love » de Roberta Flack. Sur un fond de piano rêveur et de percussion lisse, elle redonne vie à cette chanson classique, s’en empare même avec une joie séductrice.

« Je suis obsédée par la cadence et comment elle encapsule le tout, dit-elle. La chanson ne traite pas tant de l’acte de faire l’amour comme tel, mais plutôt de tout ce qui entourage le sujet. Vous êtes au restaurant, main en main, vous marchez côte à côte, tout ce genre de truc. La première fois que j’ai entendu ‘Feel Like Makin’ Love’ il y a très, très longtemps de ça, l’image m’a parlé. »

Elle a composé « Better » aux côtes de Chin Injeti, réalisateur lauréat de prix GRAMMY® [Drake, Eminem]. Le groove sinueux de la pièce trace un chemin entre des vers très jazzy et un refrain retentissant, alors qu’elle chante « You make me feel better » dans une séquence appel-réponse sur un fond de basse fébrile.

« Je lutte contre la dépression et l’anxiété, avoue-t-elle. La chanson s’adresse à mon partenaire. À ces moments, il trouve une façon de me rendre bien. C’est dédié à la personne qui vous aide à vous relever. »

Ailleurs, des touches flottantes au piano et une production éthérée marquent « Far Away », sur laquelle elle se joint à Amber Navran de ‘Moonchild’. La pièce décrit « le chagrin d’une histoire d’amour vécue à distance. » Sur « Unapologetic », on retrouve des claquements de main et des séries de vocalisations aigues à volonté, mettant en évidence le registre époustouflant de sa voix.

Elle martèle, « C’est une question de se mettre de l’avant, de ne plus se cacher. C’est un moment charnier pour moi. »

En bout de ligne, ces moments définissent la dualité au cœur de Sweetest Thing.

« Je voulais faire un album rempli de chansons qui peuvent résonner avec quiconque, peu importe ce que la personne vit, elle conclut. Je souhaite vraiment que les gens puissent trouver un espace pour eux qui leur permet de sentir l’intérieur de ce que je fais. J’espère qu’ils comprennent qu’il y a quelqu’un qui les écoute, qui les entend. »

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